La plus
luxembourgeoise
des Italiennes
La grande recherche de l'aventure et l'authenticité des cadres dans lesquels évoluent les personnages. C'est ainsi qu'on peut caractériser les œuvres de Patrizia Debicke van der Noot, cet écrivain qui insiste sur le fait que ses personnages ne sont que de pures inventions, même si l'on peut faire un certain rapprochement entre l'auteur et ses personnages dans leur envie de voyager.
Cecilia Lima de Pina
Patrizia Debicke van der Noot est une personne qu'on peut vraiment caractériser de hors du commun. Elle est tout d'abord un écrivain luxembourgeois, qui écrit cependant principalement en italien. Il faut dire que l'auteur de romans et de thrillers est d'origine italienne. Née en Florence en 1942, elle est parfaitement bilingue grâce à sa grand-mère alsacienne. "J'ai déjà essayé d'écrire en français. J'ai par exemple traduit moi-même le livre La foto dal passato. Le style était plutôt agréable, mais je pense que j'arrive à mieux m'exprimer dans ma langue maternelle".
C'est en rencontrant son actuel époux luxembourgeois Rodolfo Debicke van der Noot, qu'elle a adopté la nationalité luxembourgeoise. Une nationalité qu'elle a acquise, selon elle, non seulement sur le papier, mais aussi dans son cœur.
"Pour moi, le Luxembourg est aujourd'hui mon vrai pays. Cela fait déjà 23 ans que je vis ici. À cause de mes livres, je voyage beaucoup entre l'Italie et le Grand-Duché, mais ici, à Clervaux, j'ai une vraie maison. C'est l'endroit où j'écris le mieux. J'y ai mon petit grenier avec une vue sur le beau paysage de Clervaux et son château".
Patrizia Debicke van der Noot a commencé très tard avec sa carrière d'écrivain. Elle a publié son premier roman à l'âge de 60 ans. Jeune, elle aimait déjà écrire des articles pour les journaux de son école. Mais ce qui l'a incitée à écrire, c'était quand elle est, tout d'un coup, tombée malade, et forcée à rester bloquée quatre mois sur un fauteuil. "Puisque je déteste absolument regarder la télévision, je me suis installée devant mon ordinateur pour me mettre à écrire".
Les cadres dans lesquels se déroulent ses histoires ont la particularité d'être très proches de la réalité, car il s'agit d'endroits que l'auteur connaît très bien. "C'est peut-être une façon de fixer un souvenir d'une ambiance que je ne veux pas perdre. Dans Ritrati di matrimonio, par exemple, les personnages évoluent dans l'ambiance de mes dix-huit ans. C'est un roman amusant dans lequel se rencontrent trois générations d'une même famille, le grand-père, le père et le fils".
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"Dans ma tête, je peux faire tout ce que je veux"
Les œuvres de Patrizia Debicke van der Noot se déroulent souvent au Luxembourg, où l'auteur décrit avec une grande précision les différentes régions du pays.
"Quand les Italiens lisent mon livre, ils sont étonnés de découvrir que le Grand-Duché ce n'est pas que les banques", explique l'auteur en souriant. "Ils découvrent les régions et quartiers du pays comme le Grund ou le château de Clervaux". Mais ses personnages se retrouvent aussi dans d'autres villes à l'étranger, comme la Toscane, la Belgique et Paris. "Je suis richissime", s'exclame Patrizia Debicke van der Noot. "Dans toutes mes œuvres, il y a une recherche de l'aventure. L'écriture est une façon d'aller où je veux. Avec ma tête je peux réaliser tous mes vœux".
Si l'auteur insiste sur le fait qu'elle n'écrit pas d'autobiographie, et que par la suite ses personnages n'ont rien avoir avec elle, on peut toutefois faire un rapprochement avec ses personnages, dans la mesures où ces derniers bougent beaucoup comme l'écrivain. Dans le nouveau thriller, Das unvollendete Gemälde, par exemple, les personnages se déplacent souvent, comme l'auteur, entre Florence et le Luxembourg. Il s'agit de deux Italiens très internationaux, les fils des personnages du livre Ritratti di matrimonio, qui réapparaissent dans ce thriller. Cette œuvre, traduite de l'italien en allemand (Il dipinto incompiuto) par Annabelle von Broich, a été présentée hier dans le centre culturel du château de Clervaux.
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